dimanche 13 juillet 2014

Vos cheveux sont tous comptés

                 Souvent j'ai dit «Jésus et moi vivons en couple« 
Voici une langue plus affûtée qui explique beaucoup mieux ce que cette expression signifie
               De Dom Vital Lehodey Abbé à la Trappe de Bricquebec mort en 1948
Cité par Magnificat sous le titre: Vos cheveux sont tous comptés
         «  Dieu possède, en son intelligence infinie, le secret de pourvoir sans peine aux plus menus incidents comme aux évènements les plus graves. C'est au point que > tous nos cheveux sont comptés et il n'en tombe pas un seul sans la permission de notre Père qui est aux cieux< N'y a-t-il rien d'insignifiant comme la chute d'un de nos cheveux? Cependant Dieu y pense. A plus forte raison, j'ai faim, Dieu y pense; j'ai soif, Dieu y pense; j'entreprends un travail, Dieu y pense; je dois choisir un état de vie, Dieu y pense; dans cet état, certaines difficultés se rencontrent, Dieu y pense; pour résister à telle tentation ou remplir tel devoir, j'ai besoin de telle grâce, Dieu y pense; dans le cours de mon voyage vers l'éternité, il me faut le pain quotidien de l'âme et du corps, Dieu y pense; quand arriveront mes derniers jours, un redoublement de grâces me sera nécessaire, Dieu y pensera; me voici sur mon lit de mort, à mon dernier soupir, si on ne vient à mon secours, je suis perdu, Dieu y pense. Et ainsi, moi qui ne suis qu'un atome insignifiant dans le monde, j'occupe jour et nuit, sans cesse et partout, la pensée et le cœur de mon Père qui est aux cieux. «

         Et Jésus est l'auto-expression du Père (Romano Guardini)

dimanche 8 juin 2014

Le disciple que Jésus aimait

     copie de mon journal du 7/6/14

            Jean, l'Apôtre, est jeune et Jean, le disciple que Jésus aimait, est prêtre à Jérusalem, propriétaire d'une maison à étage, appelé Cénacle. Le nom de Jean est répandu chez les juifs.
         Le Jeudi-Saint, le dernier repas pris avant la Passion se passe chez le disciple que Jésus aimait qui se trouve alors aux cotés de Jésus et peut, en se penchant, se trouver contre sa poitrine. Prêtre, il a pu introduire Simon-Pierre dans la cour du Grand-Prêtre pendant l'interrogatoire de Jésus. Il a ensuite fait partie, non des Apôtres car il n'a pas suivi Jésus en dehors de Jérusalem où Jésus a séjourné plusieurs fois et l'y a connu, mais il a fait partie de la communauté de Jean l'Apôtre. C'est chez lui que Marie a été domiciliée à la mort de Jésus, donc à Jérusalem. S'il n'a pas affiché son nom, c'est pour qu'il n'y ait pas de confusion entre les deux Jean et se mettre ainsi en retrait de Jean l'Apôtre.
          Qui a écrit Jn ? Les deux. Le disciple que Jésus aimait s'est appuyé sur les récits faits par Jean l'Apôtre et aussi sur ses qualités littéraires et ses connaissances théologiques juives de sa condition de prêtre. Plus sa connaissance des faits qui se sont passés à Jérusalem même. Il était avec les autres disciples dans le jardin des oliviers le soir du Jeudi Saint, dans le groupe d'une quinzaine détachés des trois emmenés par Jésus pour L'aider dans sa souffrance d'agonie.
          Pour moi c'est extrêmement clair à lire les textes de façon objective sans partir dans des considérations spirituelles qui peuvent être faites, mais, comme l'a fait X. Léon-Dufour, n'ont pas à influer sur les constatations objectives.
           «On ne met pas la main sur Dieu comme on met des mots sur une définition. Il nous faut Le découvrir et Le recevoir dans son mystère qui se donne à nous par amour« (P. Sylvain Brison)
         Jean l'Apôtre ayant vécu très longtemps et étant beaucoup plus jeune, a vécu très longtemps après la mort du disciple que Jésus aimait. Il a supplanté celui-ci dans la mémoire, car Jn reflétait bien ses récits oraux. Le disciple que Jésus aimait a eu à cœur de refléter dans Jn la façon de dire de Jean l'Apôtre, qu'on retrouve dans ses lettres, écrites par un secrétaire probablement.
        Le disciple que Jésus aimait est l'exemple d'un disciple qui se revendique de l'être et en même temps a su s'effacer devant un témoin proche de Jésus.
Jn : Evangile selon St Jean


jeudi 8 mai 2014

Aimer son prochain

            « Nous construisons, nous voyons tout, en fonction de notre propre moi. Construire, voir avec les yeux de Dieu, aimer selon le Christ, c'est être bon envers celui qui a besoin de notre bonté « Benoit XVI
          Dans les années 50 quand j'étais au Centre Richelieu, paroisse étudiante de la Sorbonne  où je faisais des études de maths, nous avions un prêtre directeur Maxime Charles.
         Il nous  laissé un souvenir ineffaçable, nous a imprégnés de sa vie avec Dieu. Les étudiants et aussi les jeunes prêtres qui, avec les responsables laïcs des amphis, nous évangélisaient et instruisaient. Pas toujours bien compris de sa hiérarchie!
       Récemment j'ai entendu un prêtre âgé qui racontait du Cardinal Lustiger quelle reconnaissance et quelle admiration il avait pour cet homme. Outre Jean-Marie Lustiger, frais émoulu du séminaire, il y avait aussi Etienne Hamel et Michel Coloni devenu Evêque de Dijon.
        J'ai compris avec lui ce que voulait dire aimer son prochain. Cela illustre bien la phrase de Benoit XVI
        A la guerre d'Algérie on l'appelle auprès d'un soldat blessé au ventre, intransportable, destiné à mourir sur place. Il arrive: « Veux-tu un prêtre?
Non j'en veux pas! Veux-tu un copain? Oui je veux bien « Alors il s'est mis à lui raconter des histoires de soldats, de ces histoires bien grasses, bien marrantes, qui font toujours rire, même dans les pires moments. Le soldat est mort en riant.

        

dimanche 4 mai 2014

Jésus ou le Fils ?

   Sur une réflexion de l'émission juive du dimanche 27 Avril sur FR2
                   Les chrétiens disent: la Sagesse c'est Jésus.     

            Jésus est le Fils de Dieu c'est entendu mais le Fils de Dieu est-Il toujours Jésus?
            Non, si je veux regarder la différence du point de vue humain. Pas du point de vue de Dieu pour qui le temps, le déroulement du temps n'a de sens que pour nous, les humains, dans sa relation avec les humains. La création du temps par Dieu est le fondement de la création, est la mise en ordre du chaos (Gn 1,2)
      Au livre des Proverbes, chapitre 8 versets 22 à 32, nous avons une description de la Sagesse, enfantée avant la création et maître d'œuvre, et trouvant ses délices parmi les hommes à qui elle conseille d'écouter ses voies.
     Pour les juifs, il s'agit de la Torah primitive qui a été révélée par YHWH au peuple hébreu à un moment donné de son histoire, sous la forme orale puis écrite de la Torah
     Pour la TOB (note de Pr 8,24) «s'amorce la question de l'être mystérieux de cette Sagesse à laquelle serait assimilé le Christ > Sagesse de Dieu < incarné en Jésus« (note de 1 Cor 1,30)
                 Trop souvent on entend dire la Sagesse c'est Jésus.
     Jésus est l'Incarnation du Fils de Dieu qui s'est réalisée pour nous les humains à une date précise. Jésus n'existe à la création du monde que pour Dieu, comme tous les humains, car Dieu est hors du temps. Abraham est passé hors du temps à sa mort: > il a vu mon jour et il a été transporté de joie < (Jn 8,56)
     Jn en 1,1-3 parle du Logos, traduit par Verbe. Jn ne parle de l'Incarnation du Verbe qu'au V 14 > Et le Verbe s'est fait chair < Que veut-il dire au V9 > Le Verbe était la vraie lumière qui en venant dans le monde illumine tout homme la Torah
donnée au peuple juif pour qu'il la transmette? Ce qu'il a fait puisque Jésus a pu venir l'accomplir (Mt 5,17)
     La Sagesse est le Verbe, le Fils de Dieu, et tout a été fait par Lui (Jn 1,3) car Il est l'expression d'un Dieu transcendant, YHWH, qui l'engendre dans son aujourd'hui.
L'expression de YHWH, la Sagesse, s'est manifestée dans la Torah donnée au peuple juif, puis par son Incarnation en Jésus. Le Sagesse de nature divine s'est incarnée dans la personne de Jésus dont la nature humaine a été créée pour qu'Elle soit perceptible aux humains.
         Jésus a les deux natures:
Une, incréée (non-créée) mais engendrée (càd "est" comme YHWH "est")
L'autre créée avec l'aide de la Vierge Marie à une date précise.
         En disant ce raccourci, la Sagesse c'est Jésus, nous la réduisons à la nature humaine de Jésus et nous lui donnons une date de création!

        

samedi 19 avril 2014

Vendredi Saint écrit en 2010 Année A

Is 52,13-53,12                       Hb 4,14-16 ; 5,7-9              Jn 18,1-19,42
Commentaire d’Isaïe
Combien croient que leur place à l’église les dispense des devoirs envers le prochain. Combien rêvent de violence envers ceux qui suivent d’autres religions. Combien comptent sur « l’amour de Dieu » pour qu’Il méprise ce qu’a été leur vie sur terre. Combien ne voient dans la religion qu’une thérapie pour se débarrasser de tout reproche de leur conscience. Combien accusent les juifs de s’être débarrassés de Jésus pour des raisons politiques ou religieuses, en gommant la valeur rédemptrice de la croix. Combien s’imaginent que Dieu pardonne sans qu’ils aient à faire le moindre geste pour Lui demander pardon. > Or c’est à cause de nos péché qu’Il a été broyé, frappé à cause des péchés de son peuple < > Ayant fait de sa vie un sacrifice d’expiation, Il justifiera les multitudes, Il a intercédé pour les pécheurs < pour ceux qui se reconnaissent pécheurs et convertissent leur vie.



dimanche 23 mars 2014

3° Dimanche de carême année A écrit en 2007

           Ex 17,3-7        Rm 5,1-2.5-8                          Jn 4,5-42
Jésus avait-Il besoin de sortir de ce milieu rigoriste juif ? Faire un peu éclater les conventions ? N’y avait-il pas de quoi puiser l’eau au puits de Jacob ? Ou l’Esprit-Saint souhaitait-Il cette rencontre et la provoqua ? Ce récit nous montre que Jésus assumait pleinement son rôle, sa fonction de Messie, mais qu’Il ne pouvait se dévoiler qu’en milieu païen ou hérétique, où le sens de ce mot n’avais pas été biaisé par les penseurs juifs toujours acharnés à expliquer l’Ecriture à leur façon. > Le Seigneur est-Il vraiment au milieu de nous ? < Nous le croyons mais nous n’acceptons pas qu’Il se manifeste. Nous le croyons mais nous n’acceptons pas que la Résurrection Lui ait donné une cosmose renouvelée. Nous le croyons à condition que cela reste une idée intellectuelle d’un Verbe non incarné. Nous > espérons avoir part à la gloire de Dieu < mais nous refusons d’y rencontrer Jésus, Celui qui > fatigué par la route s’est assis (un jour) là au bord du puits <



vendredi 14 mars 2014

Jeudi de la 1° semaine de carême écrit en 2007

Esther 14, 1.3-5.12-14                               Mt 7, 7-12
A suivre le commandement de Jésus, nous risquons toujours quelque chose : notre tranquillité. Ne pas réagir si notre voisin est bafoué, c’est ne pas risquer de l’être à notre tour, et c’est plus confortable. Nous ne faisons pas de mal au sens de l’Ancien Testament, en nous abstenant d’aider les autres. Et bien des chrétiens pensent ainsi. Jésus, au contraire, nous dit qu’en s’abstenant de faire du bien aux autres, nous sommes coupables. Que nous devons risquer pour les autres ? Le péché par omission dit au Confiteor, est justement celui-là dont peu de personnes s’accusent. Savent-elles ce que c’est ? Qui leur a dit que omission n’était pas oubli ? Et dans ce que nous risquons pour les autres, nous ne sommes pas seuls, au contraire. Dieu a le souci de nous protéger, de nous aider dans nos actes faits au mépris de nous-mêmes. Esther, de toute façon, risquait sa vie, soit devant le roi, seule, soit avec son peuple. Son père adoptif le lui a souligné. Jésus a risqué Sa vie, l’a perdue face aux chefs juifs, et notre gloire dans son imitation sera la même que la Sienne : Résurrection.