mardi 6 septembre 2011

Mais vous jugez !!!!!!!!

Il est impossible de fermer les yeux sur le comportement de quelqu'un. Car alors c'est se forger une idée de la personne et mettre ses relations avec elle dans l'imaginaire. Ce qui ne peut qu'amener des problèmes. Il ne faut pas non plus classer en bien et en mal la façon habituelle d'être de quelqu'un ou son métier.
Le métier par exemple. Celle qui a été quelques années ma voisine vivait de prostitution, de façon légale. Il n'y a pas plus de mal à dire "elle est prostituée" que d'une autre, "elle est comptable". Combien estime indigne d'un chrétien de dire: il est autoritaire ou il est bavard, ou elle est violente! Mais l'autoritaire peut se révéler excellent meneur d'hommes, alors que le bavard noue des relations très facilement avec des inconnus et la violente est à même de prendre à bras le corps les problèmes pour les résoudre.
Nous recevons chacun notre tempérament et nous avons à en tirer notre sainteté, la nôtre, pas celle du voisin. Si nous n'acceptons pas le tempérament du voisin, celui des personnes que nous sommes amenés à côtoyer, il n'y a aucune chance qu'elles acceptent le nôtre. L'important c'est de "faire avec". Et de ne pas prendre pour des "blessures", les frottements qui ne peuvent manquer d'arriver.
Quand l'une d'entre elles nous heurte volontairement souvent, se montre agressive envers nous dans le travail que nous avons en commun, combien partent ou cherchent à partir! "On ne peut rien en faire"! Mais c'est admettre qu'elle ne peut changer d'attitude. Voilà ce que, dans l'Evangile, Jésus appelle "juger".
Accepter les actions dirigées contre nous, agir avec diplomatie et patience pour qu'elle puisse se rendre compte qu'elle fait fausse route, prier pour elle pour que Dieu l'aide à se corriger en orientant son tempérament vers des actions pour, et non contre, le prochain, c'est reconnaître que ce qu'elle est maintenant est provisoire et que c'est, pour elle, le lieu de sa sainteté.
Cette attitude est justement aussi pour nous, le lieu de notre sainteté.

vendredi 19 août 2011

Attendre, mais pourquoi attendre ?

D'après un bon auteur "nous attendons tous quelque chose ou quelqu'un, celui qui n'attend plus rien ni personne est déjà comme mort". Et un croyant attend plus que d'autres puisqu'il attend le retour de Jésus dans la Gloire!
Attendre signifie que nous pensons que notre vie terrestre ne s'arrêtera pas et que demain ne peut être que meilleur qu'aujourd'hui. L'Histoire va vers la Parousie et s'améliore de jour en jour, il est honnête d'en convenir, mais "notre" histoire?
Etre dans l'attente signifie plutôt que nous sommes des éternels insatisfaits, que notre convoitise, même si elle ne s'exprime pas en termes de fortune ou de gloire, nous ronge de l'intérieur. Nous ne comprenons pas que nous ne soyons pas comme nos rêves nous dépeignent et pourquoi Dieu ne nous donne-t-Il pas …. ou ne nous préserve pas ….
Vivre le moment présent dans la création continue du Dieu qui nous fait exister. Etre heureux de la vie que Dieu nous offre, être heureux de sa sollicitude à notre égard, que nous savons dans la foi/confiance en Lui, ce n'est pas être "comme mort". C'est manifester que l'amour de Dieu nous comble, nous remplit de paix. Parce que nous ne scrutons pas l'horizon pour apercevoir le retour de Jésus dans la Gloire. Il viendra, nous en sommes sûrs … quand Il aura envie de venir!
On comprend ceux qui courent aux conférences du Dalaï-Lama. Il enseigne comment être heureux et avoir la paix maintenant, en se contentant de ce qu'on a puisqu'il n'a rien à leur faire attendre.
Les disciples de Jésus pourraient dire au monde qu'être heureux ne les dispensent pas de rechercher, pour les autres, la paix et la joie qu'ils ont en leur cœur maintenant et de travailler à les leur apporter. Le font-ils?
L'Eglise dit vivre en tension entre le temps présent et la Parousie. Ne peut-elle affirmer tranquillement, sans tension, qu'elle sait que Jésus reviendra et que ce sera la fête perpétuelle. Mais qu'elle est là pour le moment présent et que Jésus, en fait, ne l'a pas quittée. Ne nous a pas quittés.
La fête commence aujourd'hui, là où je suis, avec qui je suis, comme je suis, porté(e) par le Christ, le Fils de Dieu, Dieu le Fils. Au lieu d'attendre, profitons-en et invitons tous ceux qui ont l'esprit ouvert à Sa fête.

mardi 12 juillet 2011

Le Dieu de Jésus-Christ ne peut être que trinitaire

C'est une réalité du Dieu de Jésus-Christ qui est refusée tant par les musulmans que par les juifs.

Si Dieu n'est pas Dieu-Trinité, Dieu de relation, Jésus n'est pas Dieu le Fils, l'union des deux natures divine et humaine n'existe pas, donc il n'y pas de communication entre Dieu et les humains dans les deux sens. Pas de relation entre les Personnes divines et les personnes humaines.
Il n'y a pas non plus de Rédemption pour tous, la mort de Jésus n'est pas plus valable pour tous que la mort d'un seul juif à Auschwitz.
Nous restons dans la seule connaissance du Dieu dévoilé au Premier Testament, Celui qui ordonne à des créatures qui n'ont qu'à obéir à ses commandements. Qui ont si peur que le peuple hébreu demande que Dieu ne lui parle pas.
Le Dieu de Jésus-Christ est un Dieu transcendant, par conséquent nous ne pouvons pas comprendre tous ses mystères, tout ce qu'il y a en Lui, sauf la petite partie que Jésus nous en a révélé. Un Dieu d'amour et de relation d'amour qui invite tous les humains à y participer grâce à l'union des deux natures, divine et humaine, en Jésus-Christ. Car tous les humains sont aimés de Lui sans condition.
Dieu unit à Lui le mystique qui garde sa liberté et qui ne disparaît pas en Lui, le Dieu qui l'a choisi et fait tel.

Le Dieu des musulmans est un Dieu compréhensible. Sa transcendance est assurée par deux aspects:
C'est le musulman qui doit agir de telle façon que son Dieu l'aime. En général par l'observance des cinq piliers.
Le musulman ne peut jamais savoir si l'action qu'il a faite va plaire ou non à son Dieu
Alors le mystique musulman cherche par des moyens incantatoires du nom de son Dieu, à disparaître en Lui.

lundi 20 juin 2011

Aimer ses ennemis..... Mt 5,43-44

> Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux < (Mt 5,44)
Il y a deux parties à cette phrase
1) aimez vos ennemis
2) priez pour ceux qui vous persécutent
Il ne faut pas forcer ce que dit Jésus en cherchant à aimer ceux qui nous persécutent
En langage sémitique, les ennemis sont ceux qui nous « font la gueule », qui nous sont antipathiques comme dit Fabrice Hadjadj. Les ennemis sont ceux qui ne sont pas nos amis, et nous avons à les aimer.
Jésus n’a pas dit d’aimer nos persécuteurs. Il faut donc utiliser les moyens utiles pour qu’ils cessent leurs persécutions. Par la discussion si elle est possible, ou en se dérobant à leurs persécutions : c’est bien ce qu’a fait Jésus avec les chefs des juifs. Ou par des moyens légaux. Nous avons à prier pour eux et pour nous, car Il a à pardonner autant à eux qu’à nous : nous sommes pécheurs comme eux, donc aimés de Dieu, nous autant qu’eux.
Mais une fois que leurs persécutions ont cessé, ils se transforment en « nos ennemis » et nous avons à les aimer comme notre prochain.
A la phrase précédente, Jésus cite l’Ecriture : > Vous avez appris qu’il a été dit : tu aimeras ton prochain < Où l’Ecriture en a parlé ? Dans le Lévitique 19,18 > Ne te venge pas et ne sois pas rancunier à l’égard des fils de ton peuple : c’est ainsi que tu aimeras ton prochain comme toi-même < Comme l’expliquera la parabole du bon Samaritain qui va beaucoup plus loin, nous avons à leur rendre service s’ils en ont besoin, et de la meilleure façon possible.
Clarifions aussi > tu haïras ton ennemi < Il n’y a pas littéralement cet ordre dans la Loi, mais haïr a souvent, dans le NT, le sens d’aimer beaucoup moins. Cependant, on trouve dans le Psaume 7,4-5 > si j’ai un crime sur les mains … en laissant échapper celui qui était mon adversaire sans raison < (traduction littérale) fait bien état d’une vengeance qui doit être exécutée.
Ces deux versets Mt 5,43-44 regardés ensemble, insistent pour que nous ne cherchions pas à nous venger de ceux qui nous ont fait du mal ou nous ont persécutés. En allant encore plus loin, en ne refusant pas de leur rendre service quand ils ont cessé leurs comportements agressifs. Comme à tous ceux qui nous sont sympathiques ou antipathiques, car nous en sommes le prochain.

samedi 18 juin 2011

Aide à la méditation de la Passion/Résurrection du Christ

J'ai l'habitude de méditer tous les jours un passage de la Passion/Résurrection du Christ et je l'ai découpée en 44 épisodes que voici:

1 Jésus lave les pieds des Apôtres
Jn 13 1-15

2 Eucharistie
Mt 26,26-29
Mc 14,22-25
Lc 22,14-20
1 Cor 11,23-26

3 Gethsémani : L’angoisse
Mt 26,36-39.42.44
Mc 14,32-36.39.41
Lc 22,39-44

4 Gethsémani : Pierre, Jacques et Jean
Mt 26,37.40-41.43
Mc 14,33.37-38.40
Lc 22,45-46

5 L’arrestation
Mt 26,47-56
Mc 14,43-52
Lc 22,47-53
Jn 18,1-12

6 Interrogatoire chez Caïphe
Mt 26,57-66
Mc 14,53-64
Lc 22,66-71
Jn 18,19-23 (chez Hanne)

7 Reniement de Pierre
Mt 26,33-35.69-75
Mc 14,29-31.66-72
Lc 22,31-34.54-62
Jn 13,36-38 ; 18,15-18.25.27

8 Outrages des juifs chez Caïphe
Mt 26,67-68
Mc 14,65
Lc 22,63-65

9 Interrogatoire chez Pilate
Mt 27,11-25
Mc 15,1-14
Lc 23,2-24 (avec Hérode)
Jn 18,29-40

10 Flagellation
Mt 27,26
Mc 15,15
Lc 23,16
Jn 19,1

11 Outrage de la cohorte. Couronne d’épines
Mt 27,27-31
Mc 15,16-20
Jn 19,2-3

12 Second interrogatoire chez Pilate
Jn 19,4-16

13 Portement de croix
Mt 27,31
Mc 15,20.22
Jn 19,17

14 La chute


15 Simon de Cyrène est requis.
Mt 27,32
Mc 15,21
Lc 23,26
Jn 19,17 (le portage de croix)

16 Rencontre avec les femmes de Jérusalem
Lc 23,27-31

17 Jésus rencontre sa mère


18 Le dépouillement
Mt 27,35
Mc 15,24
Lc 23,34
Jn 19,23-24

19 Le crucifiement
Mt 27,35-44
Mc 15,23-32
Lc 23,33.35-38
Jn 19,18-22

20 « Père pardonne-leur : ils ne savent ce qu’ils font »
Lc 23,34

21 « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis »
Lc 23,39-43

22 Marie est au pied de la croix avec le disciple que Jésus aimait
Jn 19,25-27

23 « Eloï, eloï, lama sabaktani »
Mt 27,46-47.49
Mc 15,34-35

24 « J’ai soif »
Mt 27,48
Mc 15,36
Lc 23,36
Jn 19,28-29

25 »C’est accompli »
Jn 19,30

26 « Père, entre tes mains je remets mon esprit »
Lc 23,46

27 Mort
Mt 27,50-54
Mc 15,37-39
Lc 23,44-47
Jn 19,30

28 Le coup de lance
Jn 19,31-37

29 Descente de croix. Jésus est remis à sa mère
Mt 27,55-56
Mc 15,40-41
Lc 23,49

30 Mise au tombeau
Mt 27,57-61
Mc 15,42-47
Lc 23,50-56
Jn 19,38-42

31 La pierre est scellée
Mt 27,62-66

32 M.Madeleine va au tombeau, la cosmose a disparu et elle en prévient Pierre et Jean
Jn 20,1-2

33 Pierre et Jean vérifient que la cosmose a disparu
Jn 20,3-10

34 Apparition de Jésus à M.Madeleine
Jn 20,11-17

35 Ressuscité, Jésus rend visite à sa mère


36 M.Madeleine revient du tombeau, elle y repart avec des femmes
Deux anges leur annoncent la Résurrection. Certaines s’enfuient
Mt 28,9-10
Mc 16,1-8
Lc 24,1-8

37 M.Madeleine et les femmes vont porter la nouvelle aux disciples.
Jésus leur apparaît sur le chemin du retour du tombeau
Mt 28,8
Lc 24,9-11

38 Pierre retourne au tombeau
Lc 24,12

39 Jésus apparaît à Simon
Lc 24,34

40 Pélerins d’Emmaüs
Mc 16,12-13
Lc 24,13-35

41 Apparitions aux Apôtres
Lc 24,35-49
Jn 20,19-22

42 St Thomas
Mc 16,14
Jn 20,24-29

43 »Je suis avec vous, allez… »
Mt 28,18-20
Mc 16,15

44 Ascension
Ac 1,6-11

lundi 9 mai 2011

Dieu est-Il libre ?

Posée ainsi cette question obtient toujours une réponse sans appel : « Oui, évidemment » ou un haussement d’épaules. En voilà une question idiote ! Si Dieu est Celui qui est au-dessus de nous, transcendant, créateur, comment ne serait-Il pas libre de ses décisions, de ses actions ?
N’est-ce pas Lui qui a créé les humains différents des autres créatures qui s’agitent sur terre, en leur donnant raisonnement et liberté ? Raisonnement : imaginer être un assemblage hasardeux ou Le reconnaître comme son Créateur ingénieux dans l’ajustage de sa personne. Liberté : liberté de croire en Lui, ou non, de L’aimer, ou non, de Le servir, ou non.
Que penser d’un employeur qui demanderait à ses salariés à quelles occupations ils se sont livrés le week-end ? Et qui irait même leur donner son opinion sur elles ? Pourtant il y a bien une répercussion sur le travail de la semaine ; mais ce temps est dit »libre » et bien des batailles syndicales ont eu lieu pour qu’il le reste.
Quelles questions posons-nous à Dieu ? « Pourquoi fait-Il ceci, permet-Il cela ? » Et nous le jugeons avec nos critères à courte-vue parce que, bien sûr, nous sommes quand même plus lucides que Lui.
Et toutes ces questions nous taraudent. Nous argumentons sur ses qualités, ses défauts aussi, que nous n’osons pas qualifier aussi crûment. Nous Lui construisons un personnage, alors que nous sommes bien incapables de nous connaître parfaitement. Nous Lui donnons un rôle à jouer alors que notre entourage assure que nous ne savons pas jouer le nôtre !
Rendez sa liberté à Dieu. Acceptez de ne pas être, vous, celui qui dirige sa vie, celle des autres, celle du monde. Abandonnez-Lui l’organisation de l’univers et arrêtez de contrarier ses plans. Car Il ne désire rien tant que le bonheur de tous les humains, ajusté à chacun. Et à tous ceux qui L’écoutent, Il donne à profusion son Esprit pour se diriger dans l’enchevêtrement des obstacles posés par tant d’autres, pour qu’ils trouvent, avec Lui, leur commune liberté.

lundi 25 avril 2011

Un jour, un homme portait une cruche d'eau

Mc 14,13 > Il envoie deux de ses disciples et leur dit « Allez à la ville ; un homme viendra à votre rencontre portant une cruche d’eau. Suivez-le et là où il entrera … » <
Luc 22,10 > Il leur (Pierre et Jean) répondit : « A votre entrée dans la ville, voici que viendra à votre rencontre un homme portant une cruche d’eau. Suivez-le dans la maison où il entrera. » <
Mt 26,18 > Allez à la ville chez un tel » < est tout de même plus direct ! Et Jn qui, seul, parle du lavement des pieds, n’en parle pas.
Que fait un homme en ville avec une cruche remplie d’eau ? La corvée d’eau est toujours assurée par les femmes, surtout en ville ! Si cette phrase a été mise dans la bouche de Jésus par deux Evangélistes dont les récits sont assez distincts, c’est qu’elle a une grande importance.
Tertullien :
« Le jour le plus solennel pour le baptême est par excellence le jour de Pâques, alors que s’est consommée la Passion du Seigneur en laquelle nous sommes baptisés. Il ne sera pas absurde d’interpréter en figure ce passage où le Seigneur, pour fêter la Pâque une dernière fois, envoie ses disciples la préparer en disant : »Vous trouverez un homme portant de l’eau » C’est par le signe de l’eau qu’Il indique l’endroit où Il célébrera la Pâque. » (Traité du Baptême 19,1 cité par « Le baptême » de Michel Scouarnec)
Tertullien n’a pas relevé que c’est un HOMME qui apporte l’eau pour le lavement des pieds des disciples et que cette mention de la cruche évoque le lavement des pieds.
Le lavement des pieds qui évoque le baptême tient lieu dans Jn de l’instauration de l’Eucharistie. Ce « détail insolite » d’un homme apportant l’eau dans une cruche a-t-il été relevé ? Le Baptême, l’Eucharistie sont les sacrement essentiels de l’Eglise et Jésus désigne bien par Marc (Pierre) un HOMME pour assurer ce service ; il sera dit « presbytre » par Paul (Luc). Prêtre.