mercredi 7 décembre 2011

Aperçu sur l'ombre de la mort

> Ceux qui ont été jugés dignes d'avoir part au monde à venir et à la résurrection d'entre les morts…ils ne peuvent plus mourir…ils sont fils de Dieu, héritiers de la Résurrection …les morts doivent ressusciter < (Luc 20,35-37 traduction liturgique)
En faisant sauter les incidentes, il ressort du texte de Luc que tous les humains ressuscitent et parmi eux il y a ceux qui sont fils de Dieu, héritiers de la Résurrection et ne meurent plus. Ceux qui ne sont pas fils de Dieu parce qu'ils ont consciemment refusé de l'être, dans l'ombre de la mort, connaissent ce que l'Apocalypse appelle > la seconde mort < (Ap 20,14-15)
> L'astre d'en haut nous visite pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres et l'ombre de la mort, pour conduire nos pas au chemin de la paix < (Luc 1,78-79 traduction liturgique)
Ces ténèbres qui sont, à nous baptisés, notre condition à notre mort terrestre, sont notre ignorance et les traces de nos péchés. Ignorance, car même le meilleur théologien, le mystique le plus favorisé, n'ont pu accéder à la connaissance de Dieu pleine et entière. L'astre d'en haut, le Messie qu'annonce Zacharie, c'est le Fils de Dieu incarné, Jésus, le premier ressuscité, qui va dissiper une partie de notre ignorance, dans l'ombre de la mort. Notre pleine connaissance de Dieu adviendra plus tard, à notre divinisation dans le Monde de la Résurrection, quand nous Le verrons face à face.
Ces ténèbres sont aussi les traces de nos péchés. St Augustin hésita longuement avant de se faire baptiser, car cela l'obligeait à lâcher son habitude de fréquenter des femmes. Il a eu grand peur de mourir auparavant et d'aller en enfer! Car il pensait que seuls les baptisés morts en état de grâce allaient au paradis. Sa formule qui a encombré l'Eglise pendant des siècles: « hors de l'Eglise point de salut « est issue de ces atermoiements!
Les vices, les défauts des baptisés ne sont pas supprimés par le sacrement de réconciliation. S'ils l'étaient, la terre serait proche du paradis! Il y a donc pour chacun, le plus proche de Dieu soit-il, une purification onéreuse à subir dans l'ombre de la mort. Appelé "purgatoire". Seuls ceux qui ont accédé de leur vivant à un amour parfait pour Dieu n'en ont pas besoin: les martyrs dans le don total qu'ils font.
Et ceux qui, dans l'ombre de la mort, découvrent par Jésus la réalité de Dieu, qui acceptent de Le reconnaître, de se reconnaître infime créature et veulent apprendre à L'aimer, ont la possibilité de choisir Son dessein sur eux et de rejoindre le chemin des baptisés. Ils peuvent aussi, consciemment, refuser d'être fils de Dieu et la seconde mort les attend.

samedi 26 novembre 2011

Foi intellectuelle Foi confiance Foi mystique

Le mot "foi" a deux définitions
« Démarche de l'intelligence à qui une parole ou des signes permettent d'accéder à des réalités qu'on ne voit pas: foi intellectuelle.
Confiance qui s'adresse à une personne "fidèle" et engage l'homme tout entier : foi confiance « (Vocabulaire de théologie biblique X.L.Dufour)
Et foi mystique qui s'appuie sur des réalités vues, perçues, sans équivoque, envoyées par « les deux mains « du Dieu-Trinité, Jésus et l'Esprit Saint. (St Irénée)
Je voudrais illustrer ces trois définitions par une allégorie. Notre intelligence nous fait penser que nous avons Dieu en nous puisqu'Il est Celui qui nous crée en permanence, c'est une démarche intellectuelle.
Foi intellectuelle
Nous avons une rate en nous. Les chirurgiens l'ont dit, mais nous ne l'avons pas vue, cela reste un savoir intellectuel.
Foi confiance
Quand le médecin diagnostique un problème grave à notre rate et qu'une ablation partielle est indispensable, nous prenons conscience de l'existence de notre rate. Nous faisons confiance au médecin et confiance aussi au chirurgien.
Foi mystique
Si on ne nous insensibilise que partiellement pour l'opération nous pouvons voir son déroulement en direct. Quand le chirurgien nous montre le morceau abimé de notre rate, nous avons l'expérience de cet organe qui, au départ, n'avait pour nous qu'une existence intellectuelle.
Nous pouvons alors expliquer notre expérience et situer, pour ceux qui n'ont pas de connaissances médicales, l'endroit où la rate est située etc … Si nos interlocuteurs nous écoutent, ils vont passer de la foi intellectuelle à la foi confiance.
La foi intellectuelle est fragile car elle est à la merci de beaux parleurs. C'est ce qui est arrivé aux Corinthiens que St Paul a rattrapés par le récit de son expérience mystique. Et ils lui ont fait confiance. St Bernard de Clairvaux avait raison de vouloir appuyer l'Eglise sur l'expérience mystique et le développement intellectuel qui s'en suivait. Orientation que les orthodoxes ont gardée.
La foi intellectuelle a été balayée par le siècle des lumières. L'Eglise romaine a retrouvé avec Jean-Paul II l'importance de l'expérience mystique et sans doute va continuer à la prendre en compte.

mercredi 9 novembre 2011

Phoebé, notre soeur, diakonos de l'Eglise de Cenchrées

Quand j'étais jeune, les personnes qui portaient le même nom et habitaient le même appartement n'avaient pour lien que la même porte d'entrée et le même repas du soir où elles arrivaient en ordre dispersé. Seule ma mère parlait, beaucoup, personne n'écoutait et chacun repartait de son coté. Mes seuls échanges de paroles? En classe et, seules sorties autorisées, le scoutisme à partir de 15 ans où je ne parlais guère. Très douée en maths, je me suis fait expulser des cours de français qui ne m'intéressaient pas et si j'ai lu beaucoup petite, j'ai stoppé à 13 ans. Ma «formation littéraire« s'est arrêtée aux dictées-questions. La philo, pas au programme!
Lire la Bible en continu, oui. Mais apprendre à sortir les idées d'un texte, à faire des rapprochements entre deux textes, à se pencher sur les mots, à émettre des réflexions «profondes«, passé 70 ans c'est trop tard. Aussi ce que j'écris ne vient pas de moi. Cela jaillit en moi comme autrefois la solution d'un problème dont je venais de lire l'énoncé.
L'Esprit Saint est ma source. Mais c'est moi qui suis le goulet d'étranglement. D'où les lacunes dans mes articles.
Quand j'ai écrit le 2/12/10 l'article sur les femmes dans 1 Cor, il ne m'est pas venu à l'idée de chercher si, dans St Paul, il y avait une mention explicite d'un femme «diakonos« comme étaient dits Paul, Apollos, Tychique ou Epaphras (note de la TOB de Rm 16,1). Mais l'Esprit Saint, toujours fidèle à sa mission, me l'a mise sous les yeux. Samedi 5/11, le premier texte de la messe était Rm 16,3-9… '3'
Rm 16,1-2 n'a pas échappé à mon regard! > Phoebé, notre sœur, diakonos de l'Eglise de Cenchrées …< Evidemment l'Eglise qui aligne plusieurs noms de collaborateurs animant l'Eglise de Rome, saute par-dessus le nom de Phoebé, diakonos: une femme! Pour écarter les femmes de la charge diaconale, elle supprime volontairement ces deux versets de son texte liturgique et fait une lecture erronée de 1 Cor comme l'Esprit Saint me l'a montré (volontairement ? ou non?).
De même dans l'article du 25/04/11 où j'ai montré que Jésus avait nommément désigné un humain masculin pour Le représenter dans les sacrements, j'aurais du parler du sacrement de réconciliation, institué au lavement des pieds.
Si Dieu m'a choisie comme secrétaire, ce n'est pas parce que je suis particulièrement douée pour ce travail (cf Dt 7,7) mais parce qu'Il a la liberté de choisir une de ses créatures. Il m'a voulu théodidacte pour m'enseigner à sa façon, sûr ainsi que du savoir intellectuel ne pourrait interférer avec ses messages, toujours inopinés!

jeudi 27 octobre 2011

Dialogue interreligieux ou dialogue avec les religions?

Le Frère dominicain Thierry-Marie Courau, nouveau doyen de la faculté de théologie de l'Institut catholique de Paris, était l'invité du Frère Philippe Jeannin au Jour du Seigneur du dimanche 23/10/11. Le Frère a beaucoup insisté sur la formulation «dialogue avec les religions« incluant le bouddhisme dans les religions, lui qui a beaucoup étudié la littérature bouddhiste et dialogué avec eux. La définition du Robert, «religion: reconnaissance par l'être humain d'un principe supérieur de qui dépend sa destinée« est obsolète. Les bouddhistes insistent sur l'absence de ce principe dans leurs rites et pratiques. Croire en un dieu ou des divinités n'est que pour des personnes de spiritualité inférieure.
Le journaliste de l'émission Etienne Jacquemart, pose la question: «Que risque-t-on dans ce dialogue?« La réponse est claire, «l'amour«. Le Frère Thierry-Marie a beaucoup parlé de l'amour, mais c'est un amour humain pour tous, comme le pratiquent des bouddhistes en Occident. J'ajoute que les bouddhistes cherchent par des gestes d'amour et de paix, à augmenter leur karma, càd à accumuler des mérites afin de ne pas connaître l'atroce réincarnation. (cela fait penser à ce qu'on disait aux enfants au 19° siècle) Le Frère n'a pas une seule fois invoqué Dieu ou le Saint Esprit en parlant autant de l'amour. L'amour dont il a parlé n'a-t-il donc pas besoin de Dieu pour être?
Que risque-t-on? Des exemples: Un Frère cistercien: «la méditation chrétienne, c'est comme la méditation bouddhiste avec Dieu en plus«. Je dirai, on regarde Dieu en soi mais on regarde surtout soi en soi, puis Soi en soi!
Frédérico Procopion, bénédictin, s'est converti au bouddhisme en assistant à la première réunion d'Assise. Il a entendu un sutra qui parle de l'amour universel: «Un sage chérit tout chose vivante« Il est 'abbé' du temple bouddhiste à Paris.
Eric Vinson, directeur de la rédaction de la revue «Prier«, partagé entre la culture catholique de sa mère et bouddhiste de son père, compare la déesse Tara à la Vierge Marie. Car Tara était une personne qui est devenue divinité et elle peut être proposée comme appui pour la méditation des peu avancés. A la suite de cette émission bouddhiste, il a été remercié par la revue.
Le Frère Pierre François de Béthune, moine bénédictin, déclare avoir profondément renouvelé sa pratique spirituelle chrétienne. En effet, il a appris la cérémonie du thé pour qu'elle le transforme, car on y est dépouillé de tout retour sur soi pour aller vers l'éveil.
Le Frère bénédictin Benoit Billot dans son livre «Comment peut-on être chrétien?" quand on suit la voie bouddhiste? Simple, il reste catholique car c'est sa culture d'origine…la foi?
Je n'ai pu relever que ceux que l'émission bouddhiste de France2 de ces dernières années ont mis en avant. Il s'agit toujours d'intellectuels dont la foi est, était, basée sur l'étude intellectuelle. «Ils pensent, ils réfléchissent Dieu, mais ils ne Le vivent pas!" (mon journal du 25/10/11)
Frère Aloïs de Taizé dans La Croix du 30/5/09 , à propos des moines bouddhistes:
«Mais comment tiennent-ils sans croire en un Dieu personnel? Leur engagement implique une solitude extrême. Nous, nous nous adressons à Dieu en Lui disant «TU«. Empli d'un nouvel émerveillement pour la Révélation apportée par le Christ, je me suis dit: n'est-il pas urgent, pour nous les chrétiens, de montrer par notre vie que l'Esprit Saint est agissant?"

jeudi 13 octobre 2011

Révélation et révélations

Jésus est révélation de Dieu faite homme, et ainsi, elle nous est accessible. On est passé des explications sur Dieu dans le Premier Testament à la Révélation totale. Mais cette Révélation nous a été transmise par des témoins, comme pour le Premier Testament: elle est passée par un goulet d'étranglement. Aussi Jésus nous a promis que ce qui leur aurait échappé, ce qu'ils n'ont pas vu comme important, nous serait transmis par le Saint Esprit, en passant par-dessus la littéralité des textes. Le Saint Esprit fait donc, en corrélation avec Jésus, des petites «révélations« (dites privées) qui appuient sur un point encore peu ou pas compris, sans jamais modifier les textes bibliques eux-mêmes. L'Evangile de Jean, les lettres de Saint Paul relèvent de ce type de révélation et leur importance est telle qu'ils ont été joints aux trois premiers Evangiles; ainsi aussi, les Actes des Apôtres qui sont un récit des premières chrétientés et les diverses lettres de Pierre, Jude, Jean l'Apôtre et l'Apocalypse. Les écrits de la Révélation sont clos pour l'Eglise catholique, choisis par leur reconnaissance par l'ensemble des chrétientés, mais il ne faut pas négliger les révélations privées et le travail de réflexion des théologiens, à partir du moment où ils sont validés par l'ensemble de l'Eglise. Même venant de femmes!

vendredi 30 septembre 2011

Evolution: hasardeuse ou dirigée?

Le hasard a bon dos! Pour tout évènement que nous n'avons pas prévu et que nous n'aurions même pas pu prévoir si nous l'avions voulu, nous le lui attribuons. Si cet évènement est particulièrement heureux, bien venu, nous l'attribuons à la Providence ou à YHWH . Et s'il est catastrophique, nous avons aussi tendance à l'attribuer à Dieu. A moins que nous n'attribuions à Dieu que les heureux et les autres… au hasard!
Le hasard dans ce sens-là n'existe pas! Enfin, pas comme cela. Il est la résultante d'une infinité d'actions dans le temps et dans l'espace que nous ne pouvons pas calculer. Prévoir le temps à quelques jours, sur une contrée, demande une énorme puissance de calcul à partir d'un réseau dense d'informations. Alors, savoir pourquoi telle maladie tombe sur telle personne! Seule, la puissance de Dieu le sait car elle englobe tous les évènements dans le temps et dans l'espace.
Quand la création est sortie de Dieu, elle était munie de lois primordiales, immuables, pour lui permettre d'évoluer. Cette évolution était donc, à la fois dirigée par son Créateur, et par ce « hasard «. La sélection naturelle a joué pour ne garder que ce qui était le plus adapté aux lois secondes issues des lois primordiales. Nous arrivons à découvrir ces lois secondes de plus en plus complexes en nous rapprochant des lois primordiales, mais sans jamais atteindre celles-ci.
Quand l'évolution de la création a fait émerger les primates supérieurs, un groupe s'est révélé plus industrieux que les autres, plus adaptés, donc dominants. Dieu l'a choisi pour le prédestiner à devenir des humains. Il leur a fait effectuer un saut qualitatif en leur donnant de son Être, ce qui en ferait son image: la liberté. Et, pour lui donner la possibilité de l'exercer, Il y a joint la capacité de se regarder, de se réfléchir, d'aimer un autre en tant qu'autre.
> Ceux que d'avance Il a connus, Il les a aussi prédestinés à être conformes à l'image de son Fils, afin que Celui-ci soit l'ainé d'une multitude de frères; ceux qu'Il a prédestinés, Il les a aussi appelés; ceux qu'Il a appelés, Il les a aussi justifiés; et ceux qu'Il a justifiés, Il les a aussi glorifiés < (Rm 8,29-30)
Dieu veut se faire connaître, aimer par des humains libres de leur choix de L'aimer ou de se > détourner de Lui < C'est pourquoi aucun être humain n'est privé de l'usage de cette liberté; ce peut être dans la vie terrestre ou après que nous l'ayons quittée.
C'est une partie du message que Dieu m'a donné et que vous trouverez sur le site
http://www.nde-au-dela.fr

mardi 6 septembre 2011

Mais vous jugez !!!!!!!!

Il est impossible de fermer les yeux sur le comportement de quelqu'un. Car alors c'est se forger une idée de la personne et mettre ses relations avec elle dans l'imaginaire. Ce qui ne peut qu'amener des problèmes. Il ne faut pas non plus classer en bien et en mal la façon habituelle d'être de quelqu'un ou son métier.
Le métier par exemple. Celle qui a été quelques années ma voisine vivait de prostitution, de façon légale. Il n'y a pas plus de mal à dire "elle est prostituée" que d'une autre, "elle est comptable". Combien estime indigne d'un chrétien de dire: il est autoritaire ou il est bavard, ou elle est violente! Mais l'autoritaire peut se révéler excellent meneur d'hommes, alors que le bavard noue des relations très facilement avec des inconnus et la violente est à même de prendre à bras le corps les problèmes pour les résoudre.
Nous recevons chacun notre tempérament et nous avons à en tirer notre sainteté, la nôtre, pas celle du voisin. Si nous n'acceptons pas le tempérament du voisin, celui des personnes que nous sommes amenés à côtoyer, il n'y a aucune chance qu'elles acceptent le nôtre. L'important c'est de "faire avec". Et de ne pas prendre pour des "blessures", les frottements qui ne peuvent manquer d'arriver.
Quand l'une d'entre elles nous heurte volontairement souvent, se montre agressive envers nous dans le travail que nous avons en commun, combien partent ou cherchent à partir! "On ne peut rien en faire"! Mais c'est admettre qu'elle ne peut changer d'attitude. Voilà ce que, dans l'Evangile, Jésus appelle "juger".
Accepter les actions dirigées contre nous, agir avec diplomatie et patience pour qu'elle puisse se rendre compte qu'elle fait fausse route, prier pour elle pour que Dieu l'aide à se corriger en orientant son tempérament vers des actions pour, et non contre, le prochain, c'est reconnaître que ce qu'elle est maintenant est provisoire et que c'est, pour elle, le lieu de sa sainteté.
Cette attitude est justement aussi pour nous, le lieu de notre sainteté.